C'est l'histoire d'une porte qui s'ouvre, le 9 novembre 2006, sur un casting de télé crochet, à Lyon. Une jeune étudiante de Saint Etienne, du haut de ses 18 ans, de ses boucles brunes et de son regard vert, déroule, calme et sereine, une voix grave, profonde, intense. La communion immédiate et ineffable s'opère dans un seul sens , d'hypnotiseur à hypnotisé : Quatre jurés briscards et blasés tombent sous le charme de cette envoûteuse qui, loin des prestidigitations virtuoses, des trilles , vocalises , roulades et autres fioritures ne servant que l'art de flatter, délivre l'émotion pure de la Muse plutôt que le récitatif enjôleur de la Sirène. La chanteuse semble avoir convoqué des esprits Celtes (la maman est bretonne) et Cheyennes pour animer un cérémonial d'enchantement dont au moins un des quatre membres du Jury ne se relèvera jamais tout à fait indemne ...
Elle a choisi son camp, Katie Melua et Norah Jones, Zazie et Jeanne Cherhal . André Manoukian, le compositeur jazzy de Liane Foly et de Malia a reconnu la Muse qu'il attendait depuis longtemps et, sur fond de prime time télévisé, de déclarations d'amour (platonique) en gages du journal Libération (Dédé, tu citeras Saint Augustin devant Gaëtane : Dieu , donnez moi la chasteté, mais pas tout de suite), accompagne la chanteuse qui sortira 3ème de ce parcours initiatique.
Si Schoppenhauer a décidé de tuer la passion, Nietzsche, plus cool, prescrit de la transformer en énergie créatrice. C'est chose faite pour Manoukian qui va composer plus de 20 titres néo-folk-urbain enregistrés entre Paris, Chamonix, la colline de Fourvière et Biarritz.